A
qui s’adresse le colloque ?
Sont concernés à la fois des doctorants et des jeunes chercheurs
travaillant dans des disciplines traditionnellement attachées à l’action
publique (sociologie, sciences politiques, économie, droit, gestion, ergonomie,
psychologie du travail, histoire, anthropologie, etc.). Ces chercheurs s’intéressent
aux activités liées à l’action publique et appuient
leurs travaux sur des observations et des analyses de ce travail.
Les propositions nécessairement nourries d’enquêtes empiriques
pourront porter aussi bien :
- sur des administrations d’Etat ou des collectivités locales (par
exemple le rôle de la région dans les politiques de soutien au développement économique),
- sur les réseaux d’action publique, les partenariats (programmes
pilotés par la CAF, le Rectorat, une municipalité ou un Conseil
Général, etc kamagrab soft.),
- sur les entreprises ou organismes, quel que soit leur statut, qu’ils
soient prestataires de services publics ou demandeurs de soutiens (France Télécom,
la Générale des Eaux, des agences publiques tels que l’ANPE),
- sur des instances supra nationales, gouvernementales ou pas (exemple des ONG),
- mais aussi sur des collectifs d’acteurs intervenant dans des domaines
aussi divers que la régulation économique, sociale, culturelle
(exemple de ATTAC)
Les
objectifs :
Ce colloque est conçu en fonction des objectifs suivants :
- rassembler un ensemble de travaux de recherche récents, principalement
fondés sur des démarches empiriques, afin d’apporter un éclairage
sur les processus qui ordonnent l’action publique et approfondir la réflexion
autour d’un thème de recherche émergent
- permettre un échange entre jeunes chercheurs en favorisant l’expression
de points de vue complémentaires et d’approfondissements théoriques
- confronter les approches selon les différentes disciplines
- expliciter des réflexions méthodologiques en précisant
les démarches et les méthodes mises en œuvre dans le cadre
des recherches
- valoriser les travaux des doctorants et jeunes chercheurs (publication des
travaux, actes du colloque)
- poursuivre la construction du réseau national « action publique
et travail » constitué de doctorants et de jeunes chercheurs,
autour des « dynamiques intermédiaires »
Les
dynamiques intermédiaires
Depuis
quelques années, les sciences sociales ne s’intéressent
plus seulement à la conception d’actions publiques,
mais aussi à leurs mises en œuvre. Ainsi, en amont,
les conditions de la décision ou la mise en agenda d’une
action publique et, en aval, les relations de service et le travail
des agents au contact des destinataires sont largement documentés.
En revanche ce qui se passe entre l’amont et l’aval a été moins
souvent abordé. Aussi le colloque sera consacré à ces
espaces intermédiaires, labiles et polymorphes et aux dynamiques
qui les traversent autant à l’intérieur des organisations
qu’à l’interface entre structures.
En première analyse et à titre illustratif, il est
possible de mettre en exergue trois figures principales : les réseaux,
les postes d’interface et les structures ayant mission d’intermédiation.
On trouve ces trois dimensions par exemple dans les démarches
de qualité de service mises en œuvre dans les entreprises
de service public. Il s’agit autant de réseaux de cadres
intermédiaires mobilisés sur la mise en place des procédures
qualité, que de postes « chargé de mission qualité »,
ou même encore de structures interfaces (services « qualité »).
De la même manière, ces trois modalités se retrouvent
dans le champ des politiques éducatives territorialisées
et territoriales lexapro. Ainsi, dans certains lieux, les partenariats s’organisent à partir
de réseaux de natures diverses (réseaux des responsables
de service, des cadres intermédiaires voire parfois des opérateurs).
Sur d’autres, un poste de coordonnateur éducatif est
créé. Parfois même, un équipement du type
Maison de l’enfance et de la jeunesse est édifié.
Bien plus que des points de passage obligés, ces espaces sont
le théâtre de « dynamiques intermédiaires » qui
pèsent dans le résultat final, sur le fond et sur la
forme de l’action engagée. Il paraît donc essentiel
d’aller au plus près du terrain observer les activités,
les compétences et les régulations qui s’y déploient.
A travers l’investigation systématique des apprentissages
et des bricolages qui s’y jouent, les mutations de l’action
publique peuvent être pleinement saisies tant dans leur nature
que dans les effets qu’elles produisent.
Ce sont en effet ces acteurs qui créent les liens entre les
niveaux, qui coordonnent différentes initiatives au sein même
de ces espaces intermédiaires, qui mettent en cohérence
une multitude de dispositifs, qui transforment des procédures
en projets. C’est au sein de ces « espaces intermédiaires » et
par les « dynamiques » qui les traversent, que les acteurs
lient les divers niveaux où se joue l’action publique.
De telles réflexions ont bien été engagées.
Le colloque « l’action publique au travail » organisé en
octobre 2002 a permis par exemple d’évoquer le rôle
des agents d’un Conseil Régional dans une politique
de soutien à l’innovation, l’activité d’un « acheteur
public » ou le travail administratif d’employés
d’une CAF. Cependant les descriptions et les concepts mobilisés
pour caractériser ces activités restent imprécis
parce que la caractérisation de ces « dynamiques intermédiaires » est
loin d’être acquise. Ce colloque entend rassembler des
enquêtes empiriques et des tentatives de formalisation autour
de cette notion.
Ceci peut être décliné autour de trois questions
transversales :
1. Les formes de coordination
en question
Les espaces intermédiaires sont loin d’être aux
mains d’un seul et unique acteur central ayant le monopole
de l’autorité. Un des objectifs de l’action est
alors de faire naître une forme d’unité à partir
d’une multiplicité d’initiatives, à partir
d’intérêts différents sinon divergents.
Par exemple, il en est ainsi des syndicats, des chambres consulaires,
de l’inspection du travail, des élus locaux et des associations
mobilisés autour de la mise en œuvre d’une politique
publique liée à l’emploi (insertion professionnelle,
temps de travail, etc.).
Comment, dans ces espaces intermédiaires, les acteurs réussissent-ils à ordonner, à structurer
leurs actions dans des scènes éclatées, peu
balisées, sans frontières claires ? Des notions telles
que celles de coordination, de gouvernance, de médiation,
de partenariat, de communauté d’actions, ou même
encore celle de réseaux professionnels et de réseaux
thématiques d’action publique permettent-elles de rendre
compte des relations observées ?
Au-delà d’interrogations portant sur la qualification
de telles relations, il semble essentiel de repérer les formes
d’action collective qui en émergent. Qui pilote et comment
? Quels référentiels sont mobilisés, comment
se confrontent-ils ? Quelles règles les acteurs inventent-ils
pour réguler leurs interactions ? Comment les légitimités
des uns et des autres se redéfinissent-elles (sur l’expertise,
le mandat institutionnel, l’histoire institutionnelle) ? Dans
quelle mesure des retours d’expériences des apprentissages
peuvent être formalisés, puis transférés
?
Mais au-delà ces mutations interrogent fortement les régulations
juridique et politiques. De quelle manière les instances juridiques
et politiques peuvent-elles s’adapter à ces nouvelles
formes de gestion systémique des problèmes publics
?
Les dynamiques intermédiaires semblent désormais occuper
une place centrale. Les changements qui en découlent interpellent
fortement de multiples disciplines s’efforçant de repérer
les nouveaux espaces organisationnels stratégiques afin de
les codifier et de les réguler. Si l’on en croit les
récentes affaires juridiques (le sang contaminé, la
transmission du prion de Creutzefeld-Jacob), leur impact sur les
modes de régulation contemporains constituent un champ de
recherche à investiguer.
2. Les objets et les dispositifs équipant l’action
Qu’ils s’agissent de dispositifs tels que les procédures
normalisées ou même encore d’objets a priori plus
anodins tels que les cartes ou les fiches-actions, ces espaces intermédiaires
ne sont pas dénués d’équipements. Ceux-ci
ordonnent les relations, les cadres administratifs traditionnels,
les instruments bureaucratiques ou les dispositifs transversaux de
coordination. Ces objets/dispositifs sont multiples : lois, décrets,
circulaires, chartes, protocoles, plans, contrats, rapports, dossiers
de candidature, déclarations d’intention, procès-verbal,
règlements, organigrammes, évaluations, etc.
Très souvent, ils sont considérés comme des
ressources ou des contraintes, ou bien plus simplement comme une
simple trace de l’action nourrissant le matériau du
chercheur.
Or, ces objets/dispositifs participent à la construction même
de l’action. Dans la mesure où ils coordonnent l’action,
où ils servent de repères, de guides, ils représentent
un équipement cognitif incontournable. Mais ils permettent également
de traduire une décision, des principes institutionnels, ou
bien plus largement de médiatiser un projet. En effet, la
construction de tels dispositifs requiert une intense action de production
de médiations politiques permettant de mobiliser des acteurs
qui ne sont pas toujours demandeurs d’une intervention étatique,
de faire circuler des points de vue ou de passer d’un territoire à un
autre. Dans cette perspective, ils sédimentent les changements
qui s’opèrent durant l’action et génèrent
une normativité qu’il convient de saisir. Dans quelle
mesure ces dispositifs préexistent-ils à l’action
? A contrario, de quelle manière se mettent-ils en place dans
le cours de l’action ? Sont-ils renégociables ? Quel
poids, quelle épaisseur ont-ils ? Comment circulent-ils d’un
niveau à l’autre ?
Plus généralement, on se demandera si ces objets intermédiaires
sont des repères pour l’action (insistant sur leur dimension
cognitive) ou s’ils sont prescriptifs (soulignant alors leur
dimension normative). C’est ainsi que les démarches
qualité ou les dispositifs AOC peuvent être appréhendés à la
fois comme des outils équipant un travail public ou juridique
en mutation mais aussi en tant qu’objet intermédiaire
redessinant les frontières entre le marché, le politique
et les consommateurs. De la même manière, il semble
utile de se demander de quelle manière un nouveau produit
tel que le « prêt-à-poster » peut redéfinir
les relations nouées entre la Poste et ses usagers, ou bien
encore en quoi un outil de gestion (logiciel informatique) permet
la confrontation des représentations d’élus,
de techniciens, d’institutions ou encore de financiers.
Ce questionnement est engagé. En effet, depuis quelques années,
les politologues, les sociologues, les juristes également
s’efforcent d’analyser les degrés de formalisation
de tels accords, leur sens politique et leurs conséquences
socio-économiques. Il nous semble pertinent de nourrir le
champ ouvert.
3. Le travail et les métiers émergents
Le travail des agents placés dans ces espaces intermédiaires
peut se décliner sous divers registres. Ceux-ci peuvent tantôt
relayer une décision prise en amont et la transmettre aux
destinataires de l’action publique, ou, à rebours, faire
remonter des expériences, des informations, des revendications
provenant du terrain, des destinataires, des usagers.
Pour autant la diversité de ces opérations souligne
le besoin de mise en cohérence. Dans certains champs de l’action
publique, de nouveaux métiers émergent même.
C’est le cas des « entrepreneurs de médiation » auprès
des institutions et des entreprises, de la redéfinition du
rôle de concierge en tant que « gardien-médiateur » dans
le secteur HLM ou encore du métier « d’acheteur
public » auprès d’une collectivité territoriale.
Bien évidemment, ce type de mutation pose des questions relatives à la
formation, aux compétences, liées à ces nouveaux
métiers. Ces nouveaux professionnels tentent-ils de stabiliser
leurs positions sociales ? Des collectifs professionnels sont-ils
en train d’émerger ? Ces associations ou ces réseaux
cherchent-ils à pérenniser les espaces intermédiaires
qui leur ont donné naissance ?
Enfin, la question des relations professionnelles est bien entendu
centrale. Elle pourra être abordée selon deux angles
: en premier lieu, en considérant les lieux de confrontation
ou de négociation entre les employeurs et les syndicats, en
second, en interrogeant leurs effets sur les relations professionnelles.
Cette redéfinition des missions et des professionnalités
questionne fortement les métiers de la fonction publique.
Les juristes entreprennent un travail intense de requalification
des caractéristiques du service public aux usagers dans un
univers où les positionnements institutionnels et professionnels
de chacun se brouillent.
Ce colloque entend formaliser de multiples
investigations pluridisciplinaires portant sur les transformations
de l’action publique contemporaine
autour de plusieurs axes : les nouvelles formes de régulation
intermédiaires (notamment les combinaisons complexes entre
médiations économiques, politiques, sociales, juridiques,
symboliques), la transformation des modes d’action et des
professionnalités qui en découlent ainsi que la manière
dont les régulations plus « traditionnelles » (juridiques,
politiques, syndicales et sociales) sont interpellés.
Propositions
de communication :
Un Comité Scientifique sera chargé de sélectionner
les différentes propositions de communication. Il est composé des
membres suivants :
Daniel Filâtre (Président
du Comité Scientifique, Professeur des Universités,
Directeur du CERTOP, UTM, Toulouse), Isabelle Astier (Maître
de Conférences, CEMS, EHESS/CNRS Paris), Michel Catlla (Doctorant
ATER, CERTOP, UTM, Toulouse), Franck Cochoy (Professeur des Universités,
CERTOP, UTM, Toulouse), Jacques Commaille (Directeur de Recherche
CNRS, ENS Cachan, Paris), Claude Dupuy (Professeur des Universités,
LEREPS, UT1, Toulouse), Gilles Jeannot (Chercheur CNRS, LATTS ENPC,
Paris), Annette Jobert (Chercheur CNRS, IDHE, Université Paris
X Nanterre), Marie-Laure Morin (Directeur de Recherche CNRS, LIRHE,
UT1, Toulouse), Jean-Yves Nevers (Directeur de Recherche CNRS, CERTOP,
UTM, Toulouse), Frédérique Pallez (Professeur des Universités,
Ecole des Mines, Paris), Jean Saglio (Directeur de Recherche CNRS,
CRISTO, UPMF, Grenoble), Gilbert de Terssac (Directeur de Recherche
CNRS, CERTOP, UTM, Toulouse), Jean-Claude Thoenig (Directeur de Recherche
CNRS, GAPP, Paris)..
Ce colloque comprend également un Comité d’Organisation
composé de :
Gilbert de Terssac (Président du Comité d’Organisation,
Directeur de Recherche CNRS, CERTOP, UTM, Toulouse), Xavier Albanel
(Doctorant allocataire, CERTOP, UTM, Toulouse), Michel Catlla (Doctorant
ATER, CERTOP, UTM, Toulouse), Ingrid Volery (Doctorante allocataire
moniteur, CERTOP, UTM, Toulouse), Céline Pottier (Ingénieur
d’Etude UMS 838/MSHS-T, UTM, Toulouse), Marie-Noëlle Rozelet
(Secrétaire-gestionnaire du CERTOP, UTM, Toulouse).
Les propositions de communication
devront être envoyées
avant le 30 mars 2004. Elles ne dépasseront
pas deux pages.
Figurent également les éléments suivants concernant
les auteurs :
Nom, Prénom, adresse électronique, laboratoire de rattachement.
Le comité scientifique sélectionnera des propositions
et demandera aux auteurs concernés de produire un texte qui
comprendra au maximum 30000 signes.
Les propositions de communication seront
envoyées par e-mail à l’adresse
suivante :
catlla@univ-tlse2.fr